L'entretien de naturalisation en préfecture : les questions posées et comment y répondre
Comment se passe l'entretien d'assimilation en préfecture : les cinq familles de questions, ce que l'agent cherche vraiment, les erreurs à éviter et comment s'entraîner.

C'est l'étape qui inquiète le plus, et c'est celle qui se prépare le mieux. L'entretien d'assimilation n'est ni un interrogatoire ni un examen : c'est un entretien où l'on vérifie que vous vivez la France de l'intérieur. Voici ce qu'on y demande.

Comment ça se passe, concrètement
Vous êtes convoqué en préfecture ou en plateforme interdépartementale. Un agent vous reçoit seul, dans un bureau. L'entretien dure généralement entre trente minutes et une heure. Il alterne trois registres : votre histoire, vos connaissances, vos convictions. À la fin, on vous fait signer la charte des droits et devoirs du citoyen français — lisez-la avant de venir, elle résume tout ce qui précède.
Tout se déroule en français, sans interprète. C'est le premier test, et il est permanent.
Les questions sur votre parcours
Elles ouvrent presque toujours l'entretien.
- Quand et pourquoi êtes-vous arrivé en France ?
- Qu'avez-vous fait depuis ? Études, emplois, formations.
- Où vivez-vous ? Avec qui ? Quelle est votre situation familiale ?
- Où sont vos proches — en France, ailleurs ?
Ce que l'agent cherche : la cohérence entre ce que vous dites et ce que dit votre dossier. Relisez votre dossier avant de venir. Une date qui ne correspond pas n'est pas grave en soi ; ne pas savoir répondre à « en quelle année êtes-vous arrivé ? » l'est.
Les questions sur votre motivation
- Pourquoi demandez-vous la nationalité française ?
- Qu'est-ce que la France représente pour vous ?
- Que changera cette nationalité dans votre vie ?
Ce que l'agent cherche : une réponse qui vous ressemble. « Pour le passeport » est vrai mais court ; « parce que ma vie, mon travail et mes enfants sont ici, et que je veux participer aux décisions du pays où je vis » dit la même chose et dit qui vous êtes. Préparez cette réponse — c'est la seule qu'on vous posera à coup sûr.
Les questions sur la France au quotidien
- Dans quelle commune vivez-vous ? Qui en est le maire ?
- Quels journaux, quelles chaînes, quelles radios suivez-vous ?
- Faites-vous partie d'une association ? Participez-vous à la vie de votre quartier ?
- Quelles fêtes françaises célébrez-vous ?
Ce que l'agent cherche : des attaches réelles. Le nom de votre maire n'a aucune importance en soi — il montre juste que vous regardez le pays où vous vivez.
Les questions de connaissances
Ce sont celles de l'examen civique : symboles, institutions, grandes dates, principes. Posées à l'oral, sans choix multiples. Répondez court et net ; une phrase juste vaut mieux qu'un paragraphe hésitant.
Les questions sur les valeurs
Les plus importantes, et les seules où une mauvaise réponse peut coûter le dossier.
- Qu'est-ce que la laïcité ?
- L'égalité entre les femmes et les hommes : qu'est-ce que cela veut dire au travail, à la maison, à l'école ?
- Que pensez-vous de la liberté d'expression ? Et de ses limites ?
- Une loi vous déplaît : que faites-vous ?
Ce que l'agent cherche : l'adhésion aux principes de la République, pas la récitation. On peut être croyant et laïque, conservateur et républicain. Ce qui est incompatible, c'est de placer une règle privée au-dessus de la loi commune.
Cinq erreurs qui coûtent cher
- Apprendre des réponses par cœur. Cela s'entend en trois phrases, et cela sonne faux.
- Répondre à côté pour meubler. « Je ne sais pas » est une réponse acceptable.
- Ne pas connaître son propre dossier. C'est le seul document que l'agent a sous les yeux.
- Venir sans avoir lu la charte. Vous allez la signer.
- Ne jamais s'être entraîné à voix haute. Savoir n'est pas dire. Ce sont deux compétences différentes, et c'est la seconde qu'on évalue.
S'entraîner pour de vrai
CitizUp propose un entraînement à l'entretien : les vraies familles de questions, une réponse que vous formulez vous-même, à l'oral, et un retour sur ce qui manque. C'est gratuit, et c'est la partie la plus utile de la préparation — parce que c'est celle qu'on ne peut pas faire seul dans sa tête.
Les modalités de l'entretien relèvent de la préfecture et peuvent varier. Les conditions officielles sont sur service-public.fr.